A vous de juger!

Please, allez jeter un coup d’oeil sur ma page « Ecriture » (tout en haut, au-dessus de la photo): les auteurs de ces mini-nouvelles (dont je fais partie) meurent d’envie d’avoir votre avis. Dites-nous juste quelles sont vos deux ou trois mini-nouvelles préférées … avec des commentaires si vous avez le temps. MERCI!
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Du porc ou du cochon?

(English version further down)
Une des nombreuses raisons pour lesquelles j’adore Londres, c’est qu’il y a tellement de verdure qu’on peut facilement y vivre sans jamais devenir tout à fait urbain. C’est super parce que j’ai toujours mis un point d’honneur à m’assurer que mes rejetons made in London ne soient pas plus nuls que les autres en connaissance de la faune et de la flore…
C’est dans ce souci d’harmonie avec la nature – et aussi parce que les enfants, tout le monde le sait, adorent tout ce qui est petit avec des poils ou des plumes et poussent des couinements – que j’organisais de temps en temps quand ils étaient petits (ce blog est décidément teinté de nostalgie…), une expédition dans une de ces “fermes” qu’on trouve à Londres, certaines coincées au milieu des HLM de l’East End, d’autres s’étalant confortablement dans la “ceinture verte” qui entoure la capitale. Godstone Farm était notre préférée: située dans le sud de Londres, à une demi-heure de route de notre porte, elle abrite une multitude d’animaux. On peut entrer dans les enclos pour les caresser et il y a un énorme terrain de jeux et une aire de pique-nique. C’est le paradis! Mon mari et moi y emmenâmes un jour notre progéniture – notre fille avait quatre ans, notre fils deux – au printemps, la saison où la plupart des mamans-animaux sont entourées de leurs bébés-animaux fraîchement nés ou éclos. Et si vous avez l’occasion de visiter une de ces fermes à cette époque, vous remarquerez que ce ne sont pas seulement les animaux qui couinent mais aussi des familles entières d’Anglais à grand renfort de « ohouououou » ondulés et de « how lovely! » (« vraiment adorables! »)  par-ci et « soooo cute! » (« tellement mignons! »)  par-là…
Mes enfants courent d’un enclos à l’autre, tout excités (« Regarde maman, regarde! ») puis s’arrêtent net, fascinés, devant l’auge d’une truie énorme aux mamelles enflées prises d’assaut par une bonne douzaine de petits gorets goulus. « Ohououououououou » s’émerveillent autour de nous les familles britanniques agglutinées contre la barrière, « Aren’t they lovely, look! ». C’est le moment que choisit ma fille, après avoir attentivement observé le spectacle, pour se retourner vers moi, le regard brillant, et me demander: « Ça se mange? ».
J’éclate de rire. Je vois quelques visages curieux se tourner vers moi en se demandant ce qu’elle a bien pu me dire pour me faire me bidonner comme ça. Tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à persister en Français plus loin que le GCSE quand ils étaient à l’école, qu’ils comptent pas sur moi pour leur faire la traduction: on est quand même dans le pays où on a inventé les végétariens, non?… Pendant ce temps, ma fille garde fixés sur moi ses yeux emplis d’espoir de côtelettes.
Oh et puis merde! Je me suis transformée à la naissance de mes enfants en Parfaite Petite Fée du Logis qui passe un tiers de sa vie à se demander ce qu’elle va bien pouvoir faire à bouffer ce soir, à errer sans inspiration dans les allées des supermarchés et à se challenger au quotidien devant les fourneaux pour que ses enfants mangent sain et équilibré, je ne vais pas maintenant avoir honte de la diversité de leurs goûts culinaires et de leur intérêt pour la gastronomie, non!!!
Haut et fort, je réponds: « Oui mon cœur, ça se mange » puis je l’entraine vers l’enclos des paons, animaux peu comestibles, en me promettant de lui expliquer un jour que ce sont ses propres ancêtres, Guillaume le Conquérant et ses potes normands du XIème siècle qui, de tendance plutôt carnivore mais soucieux de différencier la viande et l’animal quand ils s’installèrent à la Cour d’Angleterre, y importèrent le mot “porc” (pork) pour qu’on ne confonde pas avec pig, “boeuf” (beef) pour marquer la différence avec ox et  “mouton” (mutton) avec sheep
Non mais honnêtement, qu’est-ce qu’ils feraient sans nous, les Anglais?…
PIG OR PORK?
One of the many reasons why I love London is that there ‘s so much greenery around that you can live here without ever becoming completely urban. Which is great because I’ve always wanted my kids, born and bred in London, to be as knowledgeable as any other kids about nature. Which is why, when they were little (this blog is definitely tainted with nostalgia…), I used to take them to those “farms” you can find all around London, some stuck between the buildings of the East End, others located in the more rural setting of the suburbs. Godstone Farm was one of those, our favourite – a 30 minutes’ drive from our place  in south-east London took us to an enormous piece of land equipped with a fantastic playground, a picnic area and many many animal enclosures. Paradise!… 
            One day we took our four year old daughter and two year old son there in Spring when the mummy animals are surrounded by their newly born or hatched baby animals and you are allowed to go and stroke some of them. Our children run from pen to pen, really excited (“Regarde maman, regarde!) and then they stop, transfixed, in front of a ginormous sow whose swollen teats are being assaulted by a dozen little greedy piglets. “Ohouououououou, how lovelyyyyyyy!” say the parents to the children around us, “sooooooo cute!”. My daughter is watching with great concentration then she turns to me and asks: “Can you eat that?”
            I burst out laughing and see a few curious faces turning to us wondering what she said that makes me chuckle this way. Tough, their fault if they didn’t do French beyond GCSE, I’m not going to translate it for them, I’m not that stupid: we’re in the country where vegetarians were invented, aren’t we?… Meanwhile my daughter keeps on looking up at me, her eyes full of hope for chops.
 Oh hell! When my children were born, I turned into the Perfect House Wife, devoting a third of my life wondering what we’re going to eat tonight, dragging my feet in the supermarkets’ alleys looking for inspiration and challenging myself on a daily basis in front of the cooker so that my children could have a well-balanced diet, now I’m not going to be ashamed of the diversity of their culinary tastes and their keen interest for gastronomy, am I!
“Yes my darling, I answer loudly, you can eat that”. And I invite her to go and see the peacocks, less edible animals, resolving to explain to her one day that it is her very ancestors, William the Conqueror and his Norman mates, who, once settled in London in the XIth century, loving their meat but anxious to differentiate the meal from the animal, introduced the words “pork” (from le porc) in the English language as well as “beef” (le boeuf) and “mutton” (le mouton).
Honestly, the English, what would they do without us?…
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Hey look, je suis dans le magazine Ici-Londres!

Cette chronique est un petit remake d’un billet nettement plus pornographique posté en juin sur mon blog et je voudrais remercier, comme aux Oscars, Lili Bé dont j’adore le blog et tous les dessins, Amandine à Ici Londres et mes copines Julie et Cécile de l’Institut qui ont partagé avec moi les « perles » entendues dans leurs cours ou ailleurs et puis aussi ma maman que j’aime et sans laquelle rien de tout cela n’aurait pu arriver. Voilà, j’ai tout dit.

Mais non, c’est pas moi sur la couverture! Moi je suis à l’intérieur.

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PROMENADE A St JAMES PARK (Un peu de détente dans ce monde de brutes…)

No translation this time since this post has been created as a very useful (and easy) translation exercise for students of French as a Foreign Language (which  I will gladly reiterate every time I am too lazy to translate my posts…)

– Y en a marre, Cygnes de sa Mâjesty par-ci, Cygnes de sa Mâjesty par-là, ça me gonfle sérieux ces histoires! Surtout que, si tu veux mon avis, c’est bien plus pratique, un long bec, pour se lisser les plumes du dos, t’es pas d’accord?

– Eh, dis-donc, eh, mate un peu! T’en connais beaucoup, toi, des cygnes qui peuvent se gratter les fesses sans bouger les pieds? Hein? T’en connais?…

– En plus, t’as vu? Nous, on peut se faire hara-kiri tout seuls si on veut, rien qu’avec le bec, comme ça, là en plein milieu, pic!

– Oh ça va hein! C’est pas la peine de me regarder de travers! Des fois, je me dis que t’as vraiment pas le sens de l’humour mon pauvre!…

– Et voilà! Typique! Monsieur se rétracte! Monsieur se replie sur lui-même!  Tu sais, il y a des jours où je te trouve vraiment pas facile à vivre…

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J’ME FAIS MON CINÉMA…(English version further down)

Est-ce que vous avez déjà décroché un boulot uniquement pour votre apparence, vous? Et bien moi oui! Comme les mannequins, sauf que j’ai pas eu besoin d’arrêter de manger pendant quarante jours et de me faire scier trois côtes avant d’y aller. C’était l’année dernière en mai. J’avais vu une petite affiche dans le hall de l’Institut Français annonçant un casting de figurants qui aurait lieu dans ces mêmes locaux pour un film devant être tourné à Londres. La seule compétence requise était d’être… français.
La curiosité en éveil, j’arrive sur les lieux le jour indiqué pour me rendre compte qu’il faut commencer à faire la queue avec le gros des troupes des Premières et Terminales du Lycée Français d’à côté qui, bien  évidemment, ont vu eux aussi la petite affiche et qui sont tous beaucoup plus jeunes et plus photogéniques que moi. Je me demande si je vais rester puis je repère deux ou trois autres aventureuses d’âge mûr qui semblent avoir décidé que ça vaut la peine de se faire bousculer pendant deux heures pour descendre les quelques marches des escaliers malodorants qui mènent au petit pan de mur blanc à côté de la porte des toilettes du sous-sol. C’est lui en effet qui sert de toile de fond aux photos que la directrice de casting et un photographe prennent de tous les candidats sur un rythme stakhanoviste après les avoir envoyés se faire mesurer le tour de tête, la longueur des pieds, la largeur des épaules et tout le reste.
Rien de très glamour donc jusque là mais la rumeur qui monte et descend les escaliers depuis le début dit que le film en question est le prochain de Martin Scorsese et que l’histoire se passe a Paris en 1931, d’où le « label french » requis. Merde, j’aurais dû manger de l’aïl avant de venir…
La tension monte. Mon tour arrive. C’est vrai quoi, qu’est-ce qu’ils cherchent au juste? C’est quoi, le look français? Oui, on m’a déjà dit à plusieurs reprises que j’ai l’air « very French » et j’ai dit merci pour le compliment en le mettant sur le compte de ma démarche racée, mon sens inné de l’élégance et de mon port altier sans jamais poser trop de questions, de peur de me tromper… Mais bon, la question est maintenant devenue cruciale : qu’est-ce qui fait de moi une Française, physiquement parlant? Je regarde la dame. Elle me regarde aussi, d’un œil averti. Je me demande: est-ce que j’augmenterais mes chances si je me mettais à hausser vigoureusement les épaules pendant qu’ils me prennent en photo en faisant nonchalamment “bôf” avec ma bouche? Je ne suis pas sûre. Alors je décide de compter sur mes gènes plutôt que ma gestuelle et je tends courageusement à leur objectif mon teint «olive» comme ils disent (ici ça veut dire « mat » si j’ai bien compris), j’ouvre très grands les yeux pour qu’ils voient qu’ils sont marron, j’arrange ma bouche en cul-de-poule façon prostituées-dans-les-photos-de-Brassaï et… et oui, je laisse la photographe faire quelque chose que je n’ai jamais laissé faire à personne depuis ma naissance sous peine de sévères dommages corporels de ma part: je la laisse photographier mon profil qui, eh oui, j’en suis consciente, n’est point dépourvu d’un certain charme gaulois… (non, non, ce n’est pas une péninsule mais quand même un petit cap on va dire). Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour l’amour du cinéma?
Oui mais ça marche, figurez-vous! Parce que la dame, au bout d’un moment, se penche vers le monsieur et lui dit : « Elle, je la veux »… Eh les gars, vous avez entendu ça? Elle me veut, la dame!!! Non mais j’y crois pas: mes attributs français viendraient-ils de me faire réussir mon premier casting? Pour figurer dans le prochain film de Monsieur Martin Scorsese lui-même?… Puis elle me dit que je peux y aller, qu’ils me contacteront. Alors là, négligeant superbement le fait que ses paroles m’ont assimilée de manière assez frappante à une courge bien mûre sur un étal de marché aux légumes, j’entame la remontée des escaliers avec un déhanchement langoureux, la tête haute, le sourire jusqu’aux oreilles et je quitte les lieux en chantonnant, sur l’air connu de Westside Story : « I feel Frenchie, oh so Frenchie, I feel Frenchie and witty and bright ! »…
Voilà, c’est comme ça qu’a commencé pour moi l’excitante aventure du tournage de  Hugo Cabret, qui vient de sortir sur les écrans. Si vous allez le voir, regardez bien : la femme tout au fond du couloir avec un chapeau noir enfoncé jusqu’aux oreilles, un manteau noir, des chaussures noires et un chemisier en soie couleur crème et une cravate à pois blancs, c’est moi! Bon c’est vrai, on me voit pendant un quart de seconde (et ça c’est quand on sait exactement où il faut regarder) mais c’est pas grave: les figurants ne sont pas faits pour être vus!
Et ça ne changera rien au fait qu’en juin 2010, la première fois qu’on nous a fait entrer dans l’immense hall de gare reconstitué dans les studios de Shepperton, j’ai senti mon cœur s’envoler comme un faucon… On m’a dit d’aller me poster en haut des escaliers, au-dessus du petit café et de là-haut, je voyais tout: l’énorme horloge suspendue au-dessus du hall, les piliers sculptés, les lampes Art Déco, les autres figurants qui allaient et venaient dans leurs manteaux d’hiver, leur valise (d’époque) à la main, le petit kiosque à journaux, les femmes en fourrure assises aux tables du café en-dessous, le corps bien fait et la nuque brune de Sacha Baron Cohen là en bas et là-bas au fond, la chevelure, la chemise et les dents blanches de Mr Scorsese entouré de sa ruche d’abeilles affairées. Je me suis dit: « Là, ma grande, t’es sur le plateau de tournage d’un film de Scorsese, t’as de la chance, ouvre grand les yeux, profite! » (« Et tant que t’y es, si t’as pas envie d’être la première figurante à mourir de chaud sur un plateau de tournage dans l’histoire du Cinéma, ouvre aussi l’encolure de ton manteau: il fait au moins 50˚C sous ces projos!).
       Et si c’est vrai que sur son lit de mort, on voit défiler tous les instantanés des moments importants de sa vie, dans mon diaporama, il y aura celui-là.

MAKING A GREAT SCENE…

Did you ever get a job because of the way you look? I did! Like models, except that I didn’t have to stop eating for 40 days and have three ribs sawn off before going to the interview. It was last year in May. I saw a notice in the hall of the French Institute saying that there would be a casting for extras for a film due to be shot in London and that the only skill required by the casting agency was… to be French.
Spurred on by curiosity, I turn up on the day in that same building only to realise that to start with, I have to queue along the bulk of the sixth formers from the French Lycée nearby, all of them much younger and much more photogenic than me. As I stand there, wondering whether I’m going to stay, I notice a few other mature adventurers who seem to think it worthwhile to jostle their way for two hours down the foul-smelling stairs leading to the basement little white wall next to the toilets door. For this wall has been chosen as the background for the photos that the lady casting director and a photographer take of all the applicants at a stakhanovistic pace after having sent them to have their head circumference measured, their bodily hair (eyebrows, beards…) checked, length of feet and width of shoulders assessed.
       So nothing too glamorous so far but the rumour running up and down the stairs for the last two hours says that the film we’re queuing for will be directed by Martin Scorsese and tell the story of a young boy in Paris in the 30’s, hence the “French label” required. Merde, I should have eaten garlic before coming! The tension is rising. It’s my turn. Honestly, what are they looking for? I have been told on several occasions that I look French. Each time I said thank you for the compliment assuming that it was due to my distinguished bearing, my sensual gait and my natural sense of sophistication without ever asking any question in case it wasn’t… (and also because the only time I did, hearing about my “olive complexion” really put me off: olive is for salads in France).
       But now the question is crucial: what is it that makes me French, physically speaking??? I look at the lady. She looks at me with an expert eye. Would it help if I started shrugging my shoulders vigorously while they’re taking photos of me?  I’m not too sure so I courageously decide to offer my “olive” complexion to their lenses, all wide eyes (so that they notice that they’re round and brown) and pouting mouth (you know, like the prostitutes in Brassaï’s photographs) and then, without a second of hesitation, I let the photographer do something that I never let anybody do ever unless they don’t mind being submitted to heavy bodily harm: I let her take pictures of my profile which, I know, is not without a certain Gallic charm… What wouldn’t someone do for the sake of Art?
       But it works! It works! Because the casting director bends towards the photographer and says: “I want that one”. What? Did you hear that, guys? The lady wants me!!! Have I just passed my first casting thanks to my French attributes? I can’t believe it. She says that I can go now, that they will get in touch soon. So, oblivious of the fact that her words quite clearly likened me to a pleasant-looking courgette on a market stall, I turn and proceed up the stairs in the most languorous way, a big smile on my face and I burst out of the French Institute humming: “I feel Frenchie, oh so Frenchie, I feel Frenchie and witty and bright ! »…
       And this is how I ended up being an extra in Hugo! If you go and see it, watch carefully: the woman at the back of the corridor with the black hat, the black coat, the black shoes, the silk shirt and the dotted tie, that’s me!!!!  Ok, I’m there for a quarter of a second (and that’s if you know exactly where to watch) but it doesn’t matter: after all, extras are not supposed to be seen!
       What matters is that the first day I walked onto the set in the Shepperton Studios and found myself standing in a recreation of a Paris train station as it must have been (roughly) when my grand-mother was in her 20’s, I felt my heart soar like a hawk…  I was told to go up the stairs above the Café and from up there I could see everything: the enormous clock hanging above the hall, the sculpted pillars, the Art Deco lamps, the other extras passing through in their winter coats, carrying their (vintage) suitcases, the women in fur sitting at the Café tables beneath me, Sacha Baron Cohen’s slim body in his blue uniform down there and up there, M.Scorsese with his white hair, white shirt and white teeth, surrounded by his hive of busy bees.
       I said to myself: “Domi, right now, you’re standing on the set of a Martin Scorsese’s film, you lucky girl, open your eyes, take the most of it!” (“and you might as well open your coat a little bit if you don’t want to be the first extra in the History of cinema dying on a set from hyperthermia” – I’m sure the temperature reached more than 50˚C at one point under those spotlights…)
And if it’s true what they say that when on your death bed, you can see one by one all the snapshots of the most important moments of your life, I know that in my own slideshow there will be this slide.
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Chinese lanterns (en français plus bas)

It seems that November’s for photos rather than words… In my local park, I took those photos of « chinese lanterns » last week-end. 

I love them 

I realised that I had all the different stages of the Physalis life in front of me 

which made me think that I wouldn’t mind aging like that– instead of the puffing, the sagging, the crumpling, the fading to grey ( oh I love November!)  

I’d rather lace my way to transparency, my little amber heart the last one to go POP!

Eh ben oui, en automne, les photos me viennent plus facilement que les mots! En plus, j’ai bien peur que Novembre ne me rende lyrico-dépressive… On passe donc des ombres chinoises aux « lanternes chinoises », plus savamment appelées Physalis, jolie plante qui nous offre ses petits lampions oranges juste à temps pour Halloween. Je les adore. En les photographiant, je me suis aperçue que j’avais en fait devant les yeux toutes les étapes de la vie des Physalis et je me suis dit que ça me plairait bien de vieillir comme ça: au lieu des boursouflures, des affaissements, des rides et des couleurs qui s’effacent, je me verrais bien me fondre en dentelle jusqu’à la transparence, mon petit cœur ambré le dernier à disparaître: POP!

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Aujourd’hui, je vous laisse voir ma part d’enfance…

The child in me…

Je suis allée au parc de Crystal Palace prendre l’air et le soleil d’automne l’autre jour…
I went to Crystal Palace Park the other day for a bit of autumn fresh air and sun…

J’en ai profité pour faire un peu de tree-hugging…
I took the opportunity to do a bit of câlin-aux-arbres…

Pourquoi mon ombre n’arrête-t-elle  pas de se découdre…
My shadow keeps coming unstitched…

Moi, quand je serai grande, je veux faire ça…
When I grow up, I want to do that…
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THERMOMETER

Quand mes étudiants me prennent un peu trop vigoureusement le chou en se plaignant que oh là là elle est tellement compliquée la grammaire française, après toutes ces années d’enseignement, je ne donne plus dans la dentelle: “C’est la faute du latin!”, je leur réponds et s’ils insistent, je leur fais remarquer que pour se venger, eux, ils nous ont bien gratiné la prononciation… “ Ah bon?” qu’ils répondent, surpris. Alors je leur demande si ça ne leur paraît pas cruel de nous obliger, nous pauvres Français désireux de parler correctement anglais, à exhiber en plein air une chose aussi intime que la langue, nous qui la gardons normalement bien au chaud dans notre bouche… Et pour enfoncer le clou, je souligne qu’à mon avis, il y a quelque chose de légèrement xénophobe dans le fait d’attendre de nous que l’on prononce exactement la même association de lettres de douze façons différentes, style through et tough et though… Why, oh why, oh why?…
Et puis c’est pas fini! Non, le pire, c’est qu’ils se sont aussi sentis obligés, les Anglais, d’inventer l’accent tonique: vous savez, cette façon qu’ils ont de prononcer tellement fort une syllabe à l’intérieur d’un mot qu’on n’entend même plus les autres?… Résultats des courses: c’est vraiment pas la peine de vous réjouir d’avoir un vocabulaire anglais super riche quand vous arrivez en Angleterre, mes chers compatriotes, parce que, si vous ne savez pas placer correctement l’accent tonique, et bien personne ne vous comprendra de toutes façons! J’en ai fait l’expérience à mes dépens le jour où j’ai eu besoin d’acheter un thermomètre.
Comme je suis une personne linguistiquement consciencieuse, j’ai jeté un coup d’œil au dictionnaire avant de me rendre au Superdrug du coin. Fastoche, en anglais: thermometer. Bien mal m’en prit de ne point vérifier en même temps où est placé l’accent tonique!
Debout devant la vendeuse, j’opte naïvement pour l’accentuation plate: “Do you sell thermometers?” La dame me regarde: “I beg your pardon?” J’ai pourtant fait un effort de clarté dans la prononciation mais bon, je sens que je ne vais pas pouvoir m’en sortir sans l’accent tonique alors je re-essaie en appuyant à fond sur la syllabe “me”. Cette fois, la dame me regarde avec un petit sourire gêné. Elle a l’air gentille et patiente. Allez, on réessaie: courageuse, je sors une bonne partie de ma langue de la bouche pour bien négocier la prononciation du “th” et insiste de toutes mes forces sur le “ter” final. Mais là, la dame panique et, avant que je puisse expliciter ma pensée, elle tourne les talons et disparaît dans la pièce à l’arrière, me plantant là, très inquiète à l’idée d’être obligée d’avoir recours au mime pour réussir à me faire comprendre (il est d’ailleurs intéressant de signaler au passage que je me cogne encore ici à une difficulté, d’ordre culturel cette fois: ayant entendu parler de l’aversion des Anglais pour les suppositoires, je me demande avec perplexité quel est le geste adéquat, au Royaume-Uni, pour mimer l’utilisation d’un thermomètre…).
Mais voilà qu’un collègue de la dame arrive. Essoufflée par mes trois vaines tentatives précédentes, je murmure d’un air suppliant: “I would like a thermometer, please”. Je ne me rappelle même plus quelle syllabe je n’ai pas encore accentuée. “You know, to check your temperature”.
Ah! temperature, un autre mot-piège: cinq syllabes à Marseille, quatre à Paris, trois en Angleterre, et démerdez-vous pour savoir lesquelles disparaissent! A voir l’air désemparé du monsieur, je n’ai pas trouvé la bonne… Je me prépare donc à aller tenter ma chance dans une autre pharmacie, une où ils présenteraient leurs thermomètres en vitrine de préférence, quand je vois une lueur éclairer soudain le regard de la vendeuse du début. Elle sort de derrière le dos de son collègue où elle s’était réfugiée. Ça y est, je crois qu’elle a compris: “Ahhhh! s’exclame-t-elle, a therMOmeter!” Elle a tellement accentué le “mo” que je n’ai même pas entendu le “meter”! “Yes, je dis. A therMOmeter”. Les yeux brillants, on se regarde tous les trois, dans un état proche de la jubilation.
Fébrilement, j’achète le premier modèle qu’ils me présentent, récupère ma monnaie et attends d’être sur le trottoir pour travailler mon accent tonique: therMOmeter, therMOmeter, therMOmeter, therMOmeter …
THERMOMETER
When my English students get a bit too persistently on my nerves these days, complaining that oh là là, French grammar is soooo complicated, I make it simple: “Blame Latin!” I tell them. But if they insist, I retaliate by asking them why they made English such a difficult language to pronounce, why??? “Is it?”, they inquire, taken aback. So I ask them whether they don’t find it cruel to force us to take such a big quantity of something as intimate as our tongue out of our mouth in order to be understood, us poor French who usually keep it warm and safe inside… And because when I start, I find it difficult to stop, I let them know that, in my opinion, there is something slightly xenophobic in their expecting us to pronounce in twelve different ways the exact same combination of letters: through, tough, though???? But why, oh why, oh why?…
And it’s not the end of it! Just in case it wasn’t hard enough, they invented the “tonic stress”, you know, that habit of emphasizing one syllable so much within a word that you don’t hear the other ones anymore? We don’t have that in France and the main consequence of its existence for us, hopeful French citizens who arrive in England with a reasonably wide vocabulary, is that there is no point knowing a word if we forgot where the tonic stress is: nobody will understand! And I’m not being melodramatic here: I personally suffered a highly traumatic experience because of that the day I needed to buy my first thermometer.   
          Being linguistically conscientious, I checked in my dictionary before heading to the nearest Superdrug. Piece of cake: “un thermomètre = a thermometer”. How careless of me not to have checked at the same time the little apostrophe which tells you where the tonic stress is!
Standing in front of the sales assistant, I naively try the stressless approach: “Do you sell thermometers?”
“I beg your pardon”, the lady says.
I have pronounced the word very clearly but I realise that it sounded much too long and that I’m not going to get away with it without the tonic stress so I try again randomly stressing the “me”.
The lady looks confused. Kind and patient but confused. Another try: this time, I bravely exposed quite a big proportion of my tongue to for the “th” and stress the “ter” with all my might.
The lady looks distressed. And then she panics. Before I try to use my tongue again, she turns and disappears at the rear of the shop, leaving me all alone and extremely worried about the prospect of having to mime my request in order to be understood – and it’s interesting to note that I’m facing here another obstacle, cultural this time: aware of the British loathing for suppositories, I stand there, utterly perplexed, wondering how one mimes the use of a thermometer in England… Then the lady comes back pushing a colleague in front of her.
Still breathless from my three previous failed attempts, I beg him: “I would like a thermometer, please”. I don’t even remember which syllables I stressed before. “You know, something to check your temperature…”. Ah! “Temperature”: another high-risk word: five syllables in Marseilles where people make it their regional pride to pronounce every syllable as if it was a single word – “tem-pé-ra-tu-reu”- , four in Paris where they’re particularly keen on making sure that foreigners won’t get a thing by speaking very fast and dropping all the “e” – “tempé-ratur”- and three in England where they particularly enjoy dropping WHOLE syllables!…
Well, obviously I haven’t dropped the right ones here because I’m now standing in front of two confused sales assistants. So I’m about to go and try my luck at another chemist’s, preferably one where they display their thermometers in the window, when I catch a glimmer in the lady’s eyes: “Aaaaaah, she says, a therMOmeter!”.
She stressed the “MO so much that I haven’t heard the “meter” but I’m happy. They’re happy too. We look at each other with a very strong feeling of achievement, not far from jubilation. Quickly I buy the first thermometer they offer, take my change and wait until I’m on the pavement to start practising my tonic stress: therMOmeter, therMOmeter, therMOmeter, therMOmeter…                      
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La mamie royaliste

(English version further down)
Oh la la, la vilaine: elle crée un blog et une fois qu’elle a rendu des milliers de lecteurs complètement accros à ses billets, paf! elle se barre en vacances et elle les laisse tomber comme des vieilles chaussettes! C’est sympa, tiens, bravo Domi!
Sorry, sorry, mes lecteurs chéris mais ça y est, les vacances c’est fini alors welcome back et vive la rentrée!
        C’est une histoire de rencontre que j’ai à vous proposer aujourd’hui. Ça s’est passé pas loin de chez moi juste avant les vacances. J’étais chez le marchand de journaux, debout à côté d’une vieille dame devant les rangées de magazines. On essayait toutes les deux de choisir le bon mais on hésitait (si on faisait des statistiques sur mes habitudes de consommatrice, à coup sûr il serait révélé qu’il me faut en moyenne 23 minutes pour choisir quoi que ce soit dans un magasin…)
        C’est une super jolie mamie: toute dodue, des cheveux blancs bien mis en plis encadrant un visage qui a manifestement vieilli autour de son sourire, elle me fait penser à ma Mémère Odette adorée. J’ai toujours eu un faible pour ce genre de vieilles dames: coquettes, vives, curieuses, avec toujours plein d’histoires à raconter. Elle est d’ailleurs en train de me regarder avec ses yeux qui pétillent parce qu’elle a trouvé le magazine qu’elle voulait, elle. Elle m’en montre la couverture où le Prince William et sa Kate chérie me sourient eux aussi de toutes leurs princières dents. Je les ai tellement vus ces derniers temps que j’ai l’impression qu’ils habitent â côté de chez moi! Mamie me regarde et me dit: « Ils sont beaux, hein? ». C’est formulé comme une question mais je vois bien que c’est purement rhétorique: pour elle ça ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est même pas la peine de la contredire.
Bon, c’est vrai qu’ils sont mignons tous les deux et que, même si on a maintenant l’impression d’avoir fait le tour de leur gamme d’étirements des zygomatiques, on peut toujours apaiser sa soif de la nouveauté grâce aux tenues de la Princesse qui changent à chaque photo.
        « Oui », je lui dis pour lui faire plaisir. « Ils sont mignons ».
Mais là, Mamie fait une erreur: elle penche tendrement la tête sur le côté en regardant le jeune couple et ajoute: « Heureusement qu’on les a! ».
Un phénomène étrange se produit alors dans mes profondeurs (oui, messieurs-dames, j’en ai!): voilà-t’y pas que soudain, mon « Moi-Français » se réveille, s’ébroue et dresse la tête comme un coq à la pointe du jour. Tout d’un coup, je sens mes cellules de Républicaine qui s’entrechoquent, mes gènes de Sans-Culottes qui se trémoussent, mon sang 100% Tiers-Etat qui commence à bouillonner dans mes veines…
        C’est étrange parce que quand on vit dans un pays étranger depuis aussi longtemps que moi, on finit par ne plus appartenir vraiment à aucune des deux cultures: alors qu’on assimile sans s’en apercevoir certains aspects de la culture d’accueil, on perd peu à peu le contact avec des caractéristiques de sa culture d’origine. Ce qui fait que, culturellement parlant, on est condamné à vivre le cul entre deux chaises (« Excusez mon français! », comme disent les Anglais). Cependant, ça ne nous empêche pas de vivre des moments d’épiphanie d’une grande intensité au cours desquels notre Moi-Français remonte, telle Eve toute nue sur sa coquille Saint Jacques, à la surface.
        Donc, je suis là devant Mamie qui attend confirmation et j’ai une furieuse envie de lui demander si elle croit que nous, de l’autre côté de la Manche, c’est pour des clopinettes qu’on leur à coupé la tête à nos rois, nos reines et nos aristos… J’ai envie de lui expliquer que la monarchie, c’est pas démocratique, que la famille royale est très très riche grâce à nos impôts, ce qui n’est pas très très juste et que je trouve que, à mon avis, personnellement, elle a l’air d’être plus utile aux magazines avec beaucoup de photos qu’à l’économie du Royaume-Uni, la famille royale.
Ma réaction me surprend d’autant plus que je ne suis que très tièdement intéressée par la politique (et même ça, c’est un euphémisme!).
        Pendant que je me porte intérieurement à ébullition, Mamie me sourit avec ses dents qu’on dirait des petites perles un peu jaunies, le regard illuminé par la ferveur monarchique. Moi j’imagine ses placards remplis de mugs, d’assiettes et de torchons  avec les bouilles de Will et Kate imprimées dessus et je reste là, indécise. Est-ce que ça vaut la peine de faire de la peine à Mamie? Telle est la question. En plus, il y a quelques semaines, j’ai osé aborder le sujet épineux de la royauté avec un petit groupe d’Anglais tout à fait sains d’esprit. Voulant jouer la carte de la franchise et un petit peu par provocation, je leur ai avoué que je trouvais cet héritage du passé pittoresque, certes, mais légèrement désuet nonobstant. Ils m’ont répondu vertement que si j’avais été là pendant la guerre et vu comment la famille royale a su, à ce moment-là, soutenir le moral de toute la nation par son comportement exemplaire, je verrais peut-être les choses différemment. Ils étaient tellement remontés que je n’ai même pas eu le courage de leur faire remarquer qu’aucun d’entre eux n’était là pendant la guerre…
        Je rends donc son sourire à Mamie et je réponds « Mmmmm » en hochant la tête de la façon la plus mystérieusement opaque possible: un art que je maîtrise désormais à la perfection, très utile pour faire croire que je comprends quand je pige que dalle ou pour signifier que je suis pas d’accord sans que mon interlocuteur en soit complètement sûr.
        Mamie est contente. Elle paye son magazine et s’en va en trottinant gaiement. Après avoir payé le mien (s’ils avaient eu Le Canard Enchainé, je l’aurais acheté en acte de contrition après tant de biaiserie mais, dans ma banlieue du sud-est de Londres, ils ne vendent pas le Canard ), je remonte pensivement ma rue en me disant que finalement, tout en étant restée beaucoup plus française que je ne le pensais, j’avais aussi largement sous-estimé l’impact de la culture anglaise sur mon comportement.
Naughty naughty girl! She creates a blog, makes thousands of readers completely hooked to her posts and then paf! off she goes away on holiday, abandoning them as if they were old socks… (is this too literal a translation? I always lose my English when I go to France for a long time). Very nice, Domi, really!
I’m very very sorry, beloved readers, and I’m back so welcome back (fairly easy to translate!) and long life to the Going-back-to-school! (very difficult to translate!)
 
And to celebrate that, I will tell you the story of a sweet encounter…
It was just before the holiday, I was at the newsagent’s standing next to an old lady in front of the rows of magazines. We were both trying to pick up the right one but none of us was sure which one that was (if there was a survey made about my personal consumer’s habits, I’m pretty sure it would come up that I spend an average of 23 minutes to chose anything in any shop…). She was a really cute specimen of a granny: plump, grey permed hair around a face whose wrinkles were clearly born around her smile, she reminded me of my beloved Mémère Odette.
She turned and smiled at because she had found the magazine that she wanted, lucky her. She showed me the cover where Prince Williams and his beloved Kate were also grinning at me with all their royal teeth. I’ve seen so much of them lately that I’ve got a feeling they’re living next door. Granny looked at me and said: ”They’re cute, aren’t they?”.
It sounded like a question but it was obviously not one: she had no doubt about that. Ok, they are cute and even if I had a feeling that I had exhausted their range of ecstatic facial expressions by then, I could still gather a fair amount of curiosity from the novelty of the Princess’s outfits which are different on each photo.
“Yes”, I answered to please her. “They’re cute.”
But then Granny made a big mistake: gazing with tenderness at the happy couple, she added: “We’re so lucky to have them!”
Following which a strange phenomenon happened: my French-Me woke up, shook herself and straightened up like a proud cockerel at dawn. All of a sudden I could feel my republican cells fidgeting, my proletarian blood gushing through my veins, my revolutionary genes pulsing…
Which is surprising because when you’ve been living in a foreign country for as long as I have, you end up integrating certain aspects of your host culture whilst the ties with your own culture become a bit loose. You become a bit of an in-betweener…  But it does not stop voluntary exiles like me from occasionally living intense moments of epiphany when, often quite unexpectedly, their French-Me resurfaces.  
So there I am, standing in front of my old lady who’s awaiting for confirmation and I furiously want to explain to her that we, on the other side of the Channel,  didn’t cut the heads of our kings, queens and aristocrats for nothing, you know… I want to tell her that thanks to our income taxes, the royal family is very very rich which is not very very fair and that in my opinion, I think, personally,  that it seems to be more useful to all the magazines with a lot of photos in them than to the economy of the United Kingdom. And this, again, comes as a surprise to me since I’ve always been only mildly interested in politics (and even this is an understatement!).
So, while I’m bringing myself to boiling point internally, Granny keeps smiling at me with her teeth like little beads of yellowing mother of pearl, her eyes filled with royalist fervour. Looking at her, I can picture all the mugs, the tea-towels, the plates in her cupboards with Will-and-Kate’s grinning faces printed on them so there I stand, indecisive: is it really worth hurting her feelings? That is the question. And I remember that the other day, in one of my conversation classes, I bravely introduced the delicate subject of monarchy with a group of thoroughly sane students and, wanting partly to be honest, partly a bit provocative, I confided to them that I find this historical heritage incredibly charming but slightly obsolete nevertheless… They answered very severely that if I had lived in England during the Second World War and seen how the royal family managed to keep up the morale of the whole nation through their exemplary behaviour, maybe I would think differently. They were so incensed that I dared not mention the fact that none of them were here during the Second World War…
So I smile back to my old lady and I say “Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmm” nodding my head sideways in the most opaque way possible, an art I now master perfectly, very useful when I want people to think that I understand when in fact I don’t get it at all or when I want to express my disagreement without the person I am speaking to being absolutely sure about my opinion.
Granny is happy. She pays for her magazine and trots away gaily. I pay mine and walk back home pondering over the fact that while I have remained a lot more French than I thought, I had at the same time vastly underestimated the impact of English culture on my behaviour.        
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En hommage à tous mes collègues…

(English version further down)
Est-ce que les gens se rendent compte de la dose de sang-froid qu’il faut avoir quand on est professeur de Français pour adultes en Angleterre? Je suis sûre que non. Et pourtant, entre les étudiants qui « jouissent » en-veux-tu-en-voilà pour traduire enjoy en français (un jour où nous travaillions sur le passé composé, un de mes étudiants a annoncé à toute la classe qu’il avait « beaucoup joui le week-end », on était tous contents pour lui), ceux qui « baisent » à qui mieux-mieux (leur femme, leurs enfants, leurs amis et j’en passe…) alors qu’ils avaient juste l’intention de les « embrasser » (pourquoi le dictionnaire ne dit-il pas plus clairement qu’il n’y a aucun problème quand « baiser » est un nom mais que si c’est un verbe, c’est même pas la peine d’essayer?), ceux qui insistent pour « s’introduire » au lieu de se présenter, ceux qui vous demandent, dès leur première leçon, « dans quelle chambre on va? » (pour les Anglais, vous avez remarqué? room et bedroom, même combat!), eh bien je vous jure, il faut être fort mentalement, très fort! On n’insistera jamais trop sur les précautions à prendre quand on utilise un dictionnaire bilingue!
Et c’est sans compter ceux qui mettent des « préservatifs » plein leurs confitures sous prétexte que ça veut dire « conservateurs » en anglais! Mais ça, c’est encore autre chose: nous abordons là le terrain miné des faux-amis, ces mots perfides qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau dans les deux langues mais ne signifient pas du tout la même chose. Prenez library, qui veut dire « bibliothèque » ou actually qui ne signifie pas du tout « actuellement »(ce serait trop facile !) mais « en fait » alors que eventually, bien sûr,veut dire « finalement »… Il y a de quoi y perdre son français.
Moi, c’est en pleine leçon dans la City que j’ai eu affaire au faux-ami le plus juteux: je donnais un cours particulier à un agent d’assurances dont le français était déjà très bon et nous parlions de la situation économique en Grande-Bretagne dans les années 80. Soudain, il s’arrête en pleine phrase et je vois qu’il lui manque un mot. Il rapproche alors ses deux mains l’une de l’autre en faisant le geste de rassembler des éléments épars et me demande avec le sérieux qui caractérise l’élève avide d’apprendre: « Comment on dit, en français, quand un groupe d’hommes bandent ensemble pour … » mais il s’arrête en pleine phrase parce que j’ai pouffé sans aucune délicatesse, la main plaquée devant ma bouche et les yeux écarquillés d’étonnement. Bon, je sais bien que band together veut dire « se regrouper » et le contexte me dit que c’est le mot « syndicat » qu’il cherche mais le problème avec moi, c’est que si je suis 100% concentrée sur les besoins linguistiques d’un étudiant, il ne faut pas qu’il me parle d’érections collectives: non seulement ça me déconcentre mais ça peut aussi me rendre pédagogiquement dysfonctionnelle pendant une durée indéterminée. C’est pourquoi la seule chose que je puisse faire pour le moment, c’est me bidonner sur ma chaise en secouant la tête et en répétant « Non, pas bander, pas bander », l’esprit assailli d’images perturbantes d’orgies syndicalistes exclusivement masculines… Berk! Je fais tellement d’efforts pour contenir poliment mon hilarité qu’elle me ressort par les yeux. Mon étudiant me regarde en souriant et attend tranquillement que je me calme pour pouvoir lui expliquer pourquoi « Non, pas bander, pas bander! »…
Finalement, j’ai réussi à lui expliquer pourquoi « bander » n’était pas le mot adéquat dans ce genre de circonstances. D’ailleurs, linguistiquement parlant, nous avons fait d’une pierre deux coups ce jour-là car mon étudiant a appris deux nouveaux mots au lieu d’un: « partouze » et « syndicat » (qu’il ne faut pas traduire par syndicate en anglais).
©Londonneries 2011-2012
I don’t think that people realise how cold blooded you’ve got to be when teaching French as a foreign language in London. To give you an idea, first you have to deal with the over-zealous students who, before the lesson, check (too quickly) in the dictionary (always a bad idea!) how to translate “enjoy” in French and end up casually telling the whole group in the Monday evening class that they have joui le week-end ( which, in a way, is good news since, when it’s not followed by de, jouir means “to have an orgasm”… Poor students, how could you be mad at them when there isn’t even a proper verb in French to translate “enjoy” (which, personally, I find quite upsetting)? And anyway, even if it means that the atmosphere in the class can be heavily sexually charged, we do have to practice the past tense. And it’s not the end of it: you also come across the students who want to “kiss” (embrasser in French) but end up “f…ing” (their wife, children, friends, you name it) only because most bilingual dictionaries don’t make it clear that although perfectly innocuous when used as a noun, baiser is incredibly risqué as a verb. And what about those who want to “penetrate” (which is how we translate “introduce”) instead of se presenter, those who, just before their very first lesson, ask you dans quelle chambre on va? (“In which bedroom are we going?). Which makes me wonder why the difference between “room” and “bedroom” is so blurry for my English students… I realised that if I tell them straight away, in a very stern tone, that we have no beds in our salles at the Language Centre, they don’t make that mistake twice. So please, please, do be cautious when you use a bilingual dictionary! 
And I haven’t mentioned yet the students who stuff their jam with condoms, completely unaware that it’s what préservatifs means in french! But that’s something else: we are now dealing with les faux-amis (the « false friends »), those treacherous words which look and sound like twins in both languages but have in fact two completely different meanings like “library” and librairie which means “bookshop” or “actually” and actuellement which means “at the moment” or “eventually” and eventuellement which means “maybe”… A real minefield!
My own encounter with the juiciest faux-ami took place in the City. I was teaching in an insurance company to a student whose level in French was quite advanced and we were talking about the economic situation in Great-Britain in the 80’s. All of a sudden, he paused, looking at me questioningly: he was missing a word. So he gathered his hands as if to hold a bunch of something and asked me: “Comment dit-on quand un groupe d’hommes bandent ensemble?” (which, once translated, means: “How do you call it when a group of men have a hard-on together?) then he stopped because he saw my eyes widen and my mouth open with as much surprise as merriment and also because the only thing I could do at that point was to shake my head vigorously and ask him not to use bander, please, not bander… Ok, I knew what “band together” meant in English and even if his translation of it had been a little bit too literal, the context had helped me guess that he wanted to know how we say “trade union” in French but it didn’t stop me from giggling helplessly on my chair, my brain full of disturbing visions of exclusively male unionists’orgies… Yuk! My student was waiting for me to calm down, smiling, so that I could explain to him why men can’t band together in France.
Eventually I managed to explain to him why bander was not appropriate in an economic context and actually, that mistake was productive from a linguistic point of view because that day, my students learnt two new words instead of one: une partouze (a convivial way to say “orgy” in French) and also un syndicat (which means “trade union”, not “syndicate”).
©Londonneries 2011-2012 
    
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There’s a light… (Pour la version française, c’est plus bas)

The other day, at the top of my road, this is what I found written on the window of a disused shop.

Isn’t that a beautiful example of urban poetry? Or a comforting metaphor at the very least? Oh yes, I can hear some of you sneering: “Hey, Tinker Bell, it’s only an environmental friendly passer-by who left a message for the Council!”. But I don’t buy it. I’d rather believe that this haiku was written by a philanthropist who knows that sometimes one gets the impression that one’s stocks of energy, and of joie de vivre in acute cases, have run out .

At the moment, I don’t find it easy to live in London. I love that city: it inspires me, I thrive on it, it puzzles me, every week I travel its length and width, I love its buzz, it fills me with energy then there are times when it takes it all away from me, leaves me empty, exhausted. But somehow I always manage to get going again. Why? Because there is a light that never goes out! God knows who put it there! I think it’s what you call resilience and it works whatever your religion is and even if you don’t have any, like me. I see my light as a little orange Chinese lantern at the end of a long bamboo stick. What about yours?…

Ps: I dedicate this post to all the people who feel exhausted with a special thought for all the mums who, like me, every year in June, feel like Paula Radcliffe reaching the 25th mile of the Marathon…

L’autre jour, sur la vitrine d’un magasin désaffecté en haut de ma rue, quelqu’un avait écrit ça:

« Il y a une lumière qui jamais ne s’éteint”…

Si c’est pas un bel exemple de poésie urbaine, ça! Oui oui, j’entends déjà les cyniques: « Pfff, n’importe quoi elle! C’est tout simplement un passant écolo préoccupé par les économies d’énergie qui a laissé ce message pour attirer l’attention des employés du Council… »  Oui mais moi, je préfère croire que cet haïku n’a pu être inscrit que par la main d’un poète philanthrope. Quelqu’un qui sait qu’on a parfois l’impression d’avoir épuisé tout notre stock d’énergie, voire de joie de vivre…

En ce moment par exemple, je trouve que ce n’est pas facile de vivre à Londres et pourtant j’adore cette ville: elle m’inspire, je m’y love, elle me bouscule, je l’arpente, je m’y perds, elle m’épate, elle me charge d’énergie puis elle me la prend toute, elle m’épuise, elle me tue… Mais je finis toujours par renaître. Pourquoi? Parce qu’il y a une petite lumière à l’intérieur (allez savoir qui l’y a mise!) qui ne s’éteint jamais… Je suppose que c’est ce qu’on appelle la résilience. Et je précise que ça marche quelle que soit votre religion, y compris si vous n’en avez pas, comme moi.

Ma lumière, j’aime l’imaginer comme un tout petit lampion orange au bout d’une perche en bambou. Et vous, la vôtre, vous la voyez comment?…

PS: je dédie ce billet à tous les fatigués de la terre avec une petite pensée spéciale pour toutes les mères de famille qui, comme moi, à chaque mois de juin, ont l’impression d’être Paula Radcliffe au 41ème km du Marathon… Ah oui, et aussi à tous ceux qui passent le bac en ce moment.

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SEAHORSE TALK AT 4PM ( Pour la version française, c’est plus bas)

The most embarrassing translation mistake I made since I’ve been living in England took place on a sunday in Brighton – which is unfortunate regarding this is the first post of a blog called « londonneries »… My daughter was six, my son was four. My husband had to go to work, I was exhausted but there was no chance, given their age and their stamina, that I could have a quiet day at home, So I offered to go to Brighton for the day. We used to do that once in a while and they loved the whole package: the trip on the train, the jacket potato for lunch in a little caf´, with loads of butter and cheese, the whole game of splashing in the waves with the bottom of the trousers getting all wet and the kids pretending they haven’t done it on purpose – oups! -, striking poses on the pebbles for the photo shoot, the rides on the Pier’s merry-go-round, the doughnuts at teatime and to top it all up, a visit at the Sea Life Centre. I used to spend most of the train journey back looking at them fast asleep, dribbling on their anoraks, limbs and hair entangled.

That day, I was queuing to buy our entrance tickets to the Sea Life Centre when I saw a notice board announcing “SEAHORSES TALK AT 4PM”. It was 3.55pm. I let my children know that we really were very lucky: we were going to hear the seahorses talk. I was so proud of myself: thanks to me, my kids lived unforgettable moments, discovered incredible and useful facts about life. What a good mum I was!

“How do they do that?”, asked my son who’s always shown a keen interest in Science since he’s been able to talk.

“I’m not too sure”, I answered humbly (because a good mum must be able to acknowledge her limitations, it’s important too). But still I suggested a possibility: “ Maybe they do talking sounds like whales, just not as loud, and the people from the Centre have installed loud-speakers in their aquarium”.

Which is why, once on the spot, we walked several times around the seahorse aquarium trying to figure out where the special acoustic device was. In vain: it must have been something quite sophisticated. By then, both my children were flushed with anticipation. Other kids arrived with their parents and waited impatiently.

“Do you think they talk to each other?”, asked my daughter who, for her part, is more attracted to semantics than science. But the lady from the Centre arrived before I could provide another supposition and straight away she started explaining lots of fascinating facts about the life of the seahorses. I realised that my children found it hard to focus on her: if only she could stop babbling and let the seahorses talk!

It’s only when I heard the lady thank us all for our attention and see her leave that it dawned on me… Usually I really like that phrase: “It dawns on me” but in my present situation, a metaphor about dusk would have been more appropriate. I was appalled, crushed, so ashamed of my gross translation mistake*, of my inane zoological knowledge, of my incredible naivety, of the fact that I had created for my children expectations that I would never be able to fulfil. I looked at them. They hadn’t noticed yet that everybody was going. But I couldn’t, I couldn’t…

Et merde, I hate that language!  Couldn’t the English just put their words in the correct order and say “A talk about the seahorses” like everybody else? Oh no no no, that would be too easy! And hey, why not use exactly the same word for the verb and for the noun to make it a little bit more challenging?

“ Why is everybody going?” my son asked.

I didn’t know where to start, wringing my hands and looking at the aquarium imploringly, silently begging the vertical creatures to just utter a tiny sound, a whisper, a sob, a sigh, please, please…

“Maybe they don’t feel like talking today”, suggested my daughter.

I looked at her, my heart filled with gratitude. “That’s right, I said in a small voice. Sometimes one doesn’t feel like talking”. And sometimes, one would better shut one’s mouth…

“So, said my son. What about going to see the sharks?”

I wanted to kiss him too. “Yeah, let’s go and see the sharks!” I said and off we went. It was a very good idea the sharks, I told them on the way, because surely they’d be less boring than those moody seahorses.

 *It’s got to be said in my defence that in times of big fatigue or if you happen to be a little bit distracted (or when you combine both), SEAHORSES TALK AT 4PM can be translated in French as “the seahorses are going to talk at 4h” as well as “there is a talk about the seahorses at 4h”…

L’erreur de traduction la plus grave que j’ai commise depuis que je vis en Angleterre n’a pas eu lieu à Londres en fait ( pour le premier billet d’un blog intitulé “londonneries”, ça commence bien…). Mon fils avait quatre ans, ma fille six. C’était un dimanche où leur père travaillait. J’étais épuisée mais il n’y avait aucune chance, compte tenu de leur âge et leur énergie, de pouvoir passer une journée tranquille et pénarde à la maison. Alors j’ai proposé une excursion à Brighton histoire de prendre un grand bol d’air marin. Ils adoraient ça: le voyage en train, la jacket potatoe dans un petit café à midi, ensevelie sous le beurre et le fromage, puis les pieds trempés dans les vagues en faisant semblant qu’on fait pas exprès que le pantalon  se mouille, les photos qu’on prend en faisant les pitres, les tours de manèges sur la jetée, les doughnuts pour le goûter… On terminait en général les réjouissances par une visite au Sea Life Centre avant de rentrer chez nous repus et gorgés d’iode. Je passais la plupart du voyage de retour à les regarder dormir, écroulés l’un sur l’autre, les cheveux en bataille, la bave coulant sur l’anorak.

Ce jour-là, alors que je faisais la queue pour acheter nos billets d’entrée au Sea Life Centre, je vois une affiche au-dessus du guichet annonçant: TODAY, SEAHORSES TALK AT 4PM. Il est 15h50. Ravie d’être arrivée pile au bon moment, j’achète mes tickets et entraîne avec enthousiasme mes enfants vers les aquariums en leur expliquant qu’on a vraiment de la chance parce que les hippocampes vont parler à 4 heures. Je suis hyper fière de moi: oui, je suis le genre de maman qui fait découvrir des trucs inoubliables à ses enfants, moi! Et pas seulement inoubliables, pédagogiques en plus. “Mais comment ils font?” me demande mon fils de quatre ans qui, depuis qu’il sait parler, a toujours manifesté une grande curiosité scientifique. “Je sais pas” réponds-je humblement (car il faut savoir reconnaitre ses limites quand on est maman, ça aussi c’est important). Mais je propose quand même une explication: “Peut-être qu’ils font des cris comme les baleines mais en moins fort et qu’il y a un système de haut-parleurs branché dans leur aquarium”.

C’est pourquoi, une fois sur place, nous tournons tous les trois plusieurs fois autour du bocal en question dans l’espoir de détecter un quelconque système acoustique. En vain : ça doit être du sophistiqué. Les petits “ne peuvent plus attendre”, comme ils disent. Ils sont tout roses d’anticipation. D’autres enfants accompagnés de leurs parents poireautent à côté de nous. “Tu crois qu’ils se parlent entre eux?” me demande ma fille de six ans qui est, elle, plus portée sur la sémantique que le scientifique. Mais la dame du Sea Life Centre arrive avant que je ne puisse émettre une autre hypothèse et elle se met à expliquer une foule de choses très intéressantes sur les hippocampes. Les yeux de mes enfants pétillent en regardant la dame mais il est clair qu’ils n’attendent qu’une chose: qu’elle la ferme et donne la parole aux hippocampes…

Ce n’est qu’au moment où je vois la dame nous remercier de notre attention et tourner les talons que je comprends. It dawns on me, comme disent les Anglais, ce qu’on pourrait en gros traduire par “Mon bon sens remonte à la surface comme l’aube se levant au petit matin ”. Oui ben dans mon cas, je parlerais plutôt d’un crépuscule… Je suis atterrée, anéantie par ma grossière erreur de traduction, par l’inanité de mes connaissances zoologiques, par ma naïveté sans fond, par l’idée d’avoir suscité chez mes enfants une attente impossible à satisfaire. Je les regarde. Ils n’ont pas encore remarqué que les autres s’en vont peu à peu.

Et merde, ils font chier les Anglais!!! C’est vrai quoi! Pourquoi ils mettent toujours la charrue avant les bœufs? Ils pourraient pas dire “A talk about the seahorses” comme tout le monde? Ah nooooon, bien sûr que non! Ils préfèrent brouiller les pistes en utilisant exactement le même mot pour le verbe et le nom: a talk, they talk, same difference! Pourquoi ils se gêneraient? *

“Pourquoi tout le monde s’en va?” demande mon fils.

Oh là là, c’est trop dur, j’y arrive pas, je sais pas par où commencer. Je me dandine sur place comme si j’avais envie de faire pipi. Je regarde l’aquarium en implorant silencieusement les verticales bestioles de se mettre à proférer n’importe quoi, ne serait-ce qu’un murmure, un hoquet, un soupir, please, please…

“Peut-être qu’ils avaient pas envie de parler aujourd’hui!” propose ma fille.

Je lui lance un regard éperdu de gratitude et je réponds d’une petite voix : “Oui, c’est vrai ça, il y a des jours où on n’a pas envie”… Ouais, et il y a aussi des jours où on ferait mieux de se traduire chaque phrase sept fois dans la bouche avant de l’ouvrir! me souffle mon for intérieur.

“Bon! Alors, on va voir les requins?” demande mon fils.

Oh, lui aussi, j’ai envie de l’embrasser! Alors je les prends tous les deux par la main et les entraine vers le bassin des requins en leur disant que oui, on va voir les requins. Et qu’ils seront sans doute nettement moins boring que ces caractériels d’hippocampes.

* A ma décharge, je tiens à préciser qu’en période de grande fatigue ou pour peu que l’on ait une légère tendance à la distraction (ou quand on accumule les deux), SEAHORSES TALK AT 4PM  peut se traduire de deux façons, à savoir: “Petite causerie sur les hippocampes à 4h” ou “Les hippocampes parlent à 4h” (j’insiste)…

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