CONCOURS DE MINI-NOUVELLES

Chaque année depuis 2010 j’organise un concours de mini-nouvelles auquel j’encourage tous les participants de mes ateliers, anciens et actuels, à prendre part. A mes yeux, c’est une excellente occasion de s’exercer à la concision!

Le principe en est le suivant: il s’agit d’écrire, sur le thème choisi, une mini-nouvelle, c’est à dire (pour faire bref) un récit avec un début, un milieu et une fin (oui oui, une chute, si possible…)… Il ne doit pas dépasser 1500 signes (espaces compris!).

Ce concours se clôture par une soirée-lecture au cours de laquelle nous lisons toutes ces mini-nouvelles qui restent anonymes (nous mangeons et nous buvons aussi…) puis nous choisissons nos trois préférées toujours sans en connaitre les auteurs qui, une fois qu’ils se sont fièrement dévoilés, sont récompensés par un prix.

Pour vous donner une petite idée sur ce qu’est une mini-nouvelle, je vous soumets ici les textes des gagnants des dernières années. N’hésitez pas à poster vos commentaires en bas de la page si vous en avez envie!

Bonne lecture!


Et voici les trois gagnantes 2015! Encore bravo aux trois auteurs ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont participé au concours et merci à Isabelle d’avoir accueilli notre soirée-lecture dans sa librairie La Page à South Kensington.

CONCOURS 2015, thème: « OSER »

1er Prix: « LUCY »,  écrite par Stéphanie

Elle voit un aigle. Il plane. S’il fait des cercles concentriques de plus en plus rapprochés, c’est qu’il y a du petit gibier là-bas. Elle hésite. Si elle suit la trajectoire de l’oiseau, elle sort de sa zone habituelle. Son instinct lui dit que ce n’est pas la bonne chose à faire.

Elle trotte pourtant vers lui sans le quitter des yeux. Elle a oublié que le plateau de sable plonge dans un ravin peu profond mais abrupt. Elle tombe.

Elle grogne. Son bras gauche la fait souffrir. Elle doit rentrer au camp avant que les prédateurs ne la repèrent. Une ombre froide a enveloppé le jour. Elle ne distingue rien à part la proximité immédiate des herbes hautes. Elle est désorientée. Elle a peur. Elle veut revoir les siens. L’aigle a disparu.

Elle essaie de poser le poing par terre, la douleur la terrasse. Elle se met sur trois pattes, son bras gauche reste ballant le long de son flanc. Elle peine à bouger.

Une pensée fulgurante traverse son cerveau. Elle est abasourdie. Non, c’est impossible. Elle se sent minuscule devant l’énormité de ce qui prend forme dans son esprit. Elle n’ose pas. Elle reste sur son séant à regarder son bras gonflé sous ses poils. Et si les autres ne la retrouvaient pas ?

La même pensée impérieuse lui commande de poser son pied gauche à plat sur le sol en s’appuyant de toutes ses forces sur sa main droite. Elle se sent instable, mais son pied est bien ancré à la terre. Elle fait de même avec le droit.

Lucy est debout. L’humanité se met en marche.

 

2ème Prix: « CHRISTIANE », écrite par Catherine

Christiane a des achats à faire afin de rendre son chalet plus confortable. Le magasin ‘Monsieur Meubles’, à cent mètres de la gare, attire l’attention des passagers du train qui arrive de Paris tous les matins.

La vitrine présente des meubles en pin massif et chaque installation s’accompagne d’objets déco de goût. De beaux rideaux complètent le look montagnard. Christiane trouvera son plaisir ici.

Elle pousse la porte du magasin. Il est dix heures du matin.

– Bonjour! lance-t-elle mais personne ne lui répond.

La porte se referme derrière elle. Le magasin ménage les ombres et les reflets d’un éclairage bien étudié et crée une atmosphère protectrice  et séduisante. Bercée par la musique et les odeurs de résine elle se met à errer entre les installations.

Soudain, un homme se tient devant elle et lui dit avec émotion:

– Excusez-moi, Madame, mais votre parfum est merveilleux.

Stupéfaite, Christiane répond:

– Oh! Merci Monsieur.

Est-ce George Clooney? Pense-t-elle. Son visage, ses gestes et son regard l’hypnotisent. Elle pourrait s’abandonner à cet étranger.

– Vous cherchez? Demande-t-il.

Balbutiante, elle répond un « rien ».

Il continue:

– Si ça ne vous fait pas peur, le lit au fond est discret.

– Dans le magasin?

– J’ai fermé la porte d’entrée, la rassure-t-il.

Christiane se promet de ne jamais confesser ce moment de luxure. Elle se laisse guider et la chose se fait.

Le lendemain, ses meubles arrivent. Christiane hésite à ouvrir la facture.

Malheureusement, là, elle ne trouve pas son plaisir.

 

3ème Prix: « MARGUERITE », écrite par Christelle

Marguerite, c’était sa vieille voisine depuis des années. Il ne l’aimait pas avec ses airs ronchons. Pas du tout sympathique au début. Et puis il s’était habitué à la voir chanter pour ses abeilles. Mais elle ne parlait à personne sauf pour aller vendre son miel au marché.

Lui ne lui parlait non plus, il était du genre taiseux, mais ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Il n’avait jamais su bien s’exprimer. Exprimer ses émotions, c’était se mettre à nu, dévoiler des choses intimes et ça il ne gérait pas. Il préférait rester à distance.

Mais un jour, il ne la vit plus sortir de chez elle. Alors il s’inquiéta. Lui qui avait toujours vécu comme un ermite, il cherchait sa silhouette.

Il passa plusieurs fois devant sa maison guettant un mouvement derrière les rideaux de dentelle. Il ralentissait sans s’arrêter. Non décidément ça ne se faisait pas. Il ne pouvait aller frapper chez elle comme ça. Qu’est-ce qu’elle allait penser ?

Il tournait en rond, culpabilisait, se trouvait de mauvaises excuses, allumait la télé qui ne l’intéressait plus puis éteignait.

Il pensait à elle. Il ne se reconnaissait plus, il gambergeait, le cerveau en ébullition, noyé dans ses émotions.

A la fin, épuisé, il s’est demandé pourquoi…et pourquoi pas après tout. La réponse lui est apparue évidente.

Il fallait oser et il allait oser maintenant.

Il cueillit un petit bouquet de marguerites et le cœur battant, frappa à sa porte.

 

 

 

CONCOURS 2014, thème: « LA CLEF »

1er Prix:: « J’ATTENDS »,  écrite par Cécile G.

Simone, c’est mon nom, je sais qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans ma vie et puis j’oublie. Je fête mes 50 ans aujourd’hui. Ma vie a toujours été réglée comme du papier à musique, jamais d’écart, toujours disponible et discrète. Jamais de folie. Je ne me souviens pas d’une fois où j’ai élevé la voix alors que je travaillais pour cette femme hystérique dans le magasin d’habits pour dames rue du Faubourg St Honore. Non jamais, lorsque aussi j’étais la secrétaire de l’affreuse Madame Tuile qui achetait les collections de prêt à porter pour le Bon Marché. Timide, je suis tellement timide, c’est maladif.

Je le croisais tous les jours. « Bonjour Simone », me disait-il. Mon visage s’empourprait, il avait compris. J’ai attendu, attendu toute ma vie, j’ai toujours gardé espoir. Mais cela fait maintenant 30 ans que j’attends, je n’ai jamais déménagé, tous les matins je me suis levée très tôt pour être prête au cas où. Toutes les semaines j’ai fleuri ma maison pour lui plaire et je me parfume chaque jour à la rose. Il l’avait dit à une amie de la Sorbonne lorsque nous faisions notre première année de droit. Les senteurs de rose, qu’est-ce qu’il aimait ça. Et depuis, pas un jour sans rose sur ma peau, dans ma maison et dans mes bouquets. Je ne me suis jamais mariée et je n’ai même pas eu une petite histoire d’amour… Il fallait que je reste libre pour lui, il allait venir. L’enveloppe, je l’avais glissée sous sa porte rue d’Assas, c’est là qu’il habitait, un petit studio tout blanc comme on me l’avait décrit. Il avait dû ramasser son courrier et le mettre dans un de ses livres peut-être. Non, il n’a jamais osé, ça doit être ça. J’avais déposé ma clef avec trois pétales de rose.

2ème Prix: « CLUEDO », écrite par Dominique

– Mais bien sûr que non, Monsieur le Commissaire, c’était pas prémédité! Ma sœur était là, on était toutes les deux sur le balcon quand ma grosse brute de mari est rentrée du boulot à 18h pile, comme d’habitude. J’étais en train de frotter cette fichue clef. Il a posé sa sacoche dans l’entrée, il s’est pris une bière dans le frigo, est parti dans le salon allumer la télé et s’est affalé sur le sofa, les pieds sur la table basse, en criant « Qu’est-ce qu’on bouffe ce soir? T’as la clef? ». Ça fait huit ans que ça dure. Comme dit ma sœur: «Qu’est-ce que tu fous avec un type pareil?». Elle a raison : il est pas gentil (ça, je l’ai su dès le début), d’une jalousie maladive et puis, question hygiène, je vous laisse juger par vous-même (si vous arrivez à le retourner), là, regardez, le reste des œufs du petit-déj encore collé dans la barbe le soir… Ragoûtant, n’est-ce pas? Alors aujourd’hui, je ne sais pas ce qui m’a pris mais j’ai basculé. Désolée, Monsieur le Commissaire, mais il y a des limites à ce qu’une femme peut accepter! Ah ça, il l’a récupérée, sa foutue clef! Je l’avais à la main, j’ai couru vers lui, je me suis penchée et je la lui ai enfoncée dans la carotide, bien au fond (comme ça). Fallait voir comme ça a giclé! Après ça, il s’est vidé comme un cochon. Voilà, c’est tout.

– Et votre sœur, qu’est-ce qu’elle a fait?

– Oh, Anne, elle a rien vu venir. Non, non, laissez-la en-dehors de tout ça, Monsieur le Commissaire. Les menottes, c’est que pour moi.

3ème Prix: « CITATION », écrite par Neville

Sur son chemin quotidien, Jean remarqua un jour, parmi tous les tags de la voûte suintante du passage souterrain qu’il devait prendre, des bribes de mots que l’humidité n’avait pas encore effacées.

Il n’y our  ivre  s.n   des   poir   d..vi.re

Il lui semblait reconnaître le rythme d’une phrase d’un auteur moderne. Il essaya de la compléter : Il n’y a ou avait  pas. Bon ! .Mais Our? Il n’y avait pas d’ours ivre ?  Il ne trouvait pas de citation qui parlait de cet animal. Et plus loin s’agissait-il de poires ?

Ces caractères devinrent une obsession dominant ses journées et accentuant la dépression qui lui gâchait la vie cette année-là. Pendant les weekends, il alla hanter ce tunnel malodorant dans l’espoir de deviner les lettres manquantes. Son incapacité à résoudre le problème approfondit sa mélancolie à tel point que Marie, sa femme, inquiète, chercha un moyen de l’aider : il refusait, en effet, d’aller consulter son médecin.

Marie l’emmena au théâtre, un soir, voir une comédie, recommandée par ses amies. Tandis que l’intrigue se déroulait, Marie regarda, de temps en temps, avec une anxiété croissante, le visage sévère de son époux car, loin d’être légère, la pièce s’avéra plutôt lugubre.

Mais le début de la toute dernière réplique, Il n’y a pas d’amour, provoqua chez lui une transformation étonnante. Il surgit de son siège comme un diable, riant et applaudissant, puis, criant à tue-tête :

«  Oui, c’est ça ! Bravo ! Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre !»

CONCOURS 2013, thème: » PARTIR »

1er Prix: « LA VALISE », écrite par Claire

C’était un vendredi férié. Christine s’occupait du chien de sa voisine comme elle le faisait souvent. Tout se passa bien jusqu’à minuit, heure à laquelle Bertie eut une crise cardiaque et mourut sur le champ. Le lendemain matin, Christine trouva le pauvre animal sur le dos, les quatre pattes en l’air. Stupéfaite, elle téléphona au vétérinaire. Malheureusement la clinique était fermée jusqu’à mardi. Le réceptionniste lui conseilla de mettre le cadavre dans le congélateur et de l’apporter à la clinique dès mardi pour faire une autopsie. Christine, angoissée, hocha la tête en raccrochant : elle venait de remplir le congélateur des produits du jardin. Bertie se retrouva coincé entre les framboises et les tomates.

Le mardi, Christine fit son devoir. Le poids d’un chien congelé! En larmes, éprouvant en même temps du dégoût et de la pitié, elle l’emballa dans une valise.

Elle arriva à la gare épuisée. Un jeune homme, remarquant ses difficultés à porter la valise, lui proposa son aide jusqu’au quai, en haut de l’escalier.

– C’est lourd! Vous avez mis un cadavre là-dedans?

– Euh, non! C’est juste un ordinateur…

Le jeune homme la regarda avec intérêt, puis tout à coup il souleva la valise, se précipita vers le quai et s’élança dans un train dont les portes se refermèrent aussitôt.

Jusqu’à aujourd’hui, la voisine croit que Bertie a fait une fugue.

2ème Prix: « DERNIÈRE DEMEURE », écrite par Lucie

“- Monsieur, il faut partir.”

Silence.

“Il faut partir”.

Comme la maison est calme. Tous les volets sont clos. Une mouche prisonnière sillonne la pénombre. Le vieil homme est assis sur la banquette, les deux mains à plat sur les genoux, une valise à ses pieds. Il regarde devant lui. Le silence bourdonne à ses oreilles. A côté de lui, une photo pâlie repose dans son cadre.

« Allez, courage Monsieur. Je vais vous aider. »

Il ne bouge pas. Il espère qu’on va l’oublier. Il préfèrerait disparaître. Il voudrait rester indéfiniment immobile, ainsi, chez lui, et se fondre dans le décor, indiscernable parmi les meubles. Il se sent vide dans l’air épais. Tout le connaît ici: le coussin affaissé du fauteuil, la marche fendue de l’escalier, l’empreinte des passages sur le tapis usé. Par un jour de grand vent, il avait fermé vivement la fenêtre et fait cet accroc au voilage. Il remarque une tache nouvelle sur le rideau. Il faudrait l’enlever. Il faudrait aussi raboter la porte de l’armoire dont le bois a joué. Mais la mouche l’importune. L’ambulancier insiste. Dehors le moteur tourne. Alors le vieil homme se lève et sort.

La porte se ferme lourdement. La mouche se pose, négligeable, sur le creux tiède de la banquette.

CONCOURS 2012, thème: « VOLER »

1er Prix: « LE HUITIEME COMMANDEMENT », écrite par Olivier     

Ari sourit. En huit ans de City, c’est son plus gros coup! Les intérêts sur les milliards que le Gouvernement a octroyés à sa banque pour éviter la faillite sont tellement colossaux, qui va s’en rendre compte ? Au-delà de huit zéros, une erreur est si vite arrivée…

Ari sourit. La pluie battante qui inonde Moorgate n’entame pas son cynique enthousiasme. Une vielle mendiante s’abrite comme elle peut sous une bâche crasseuse. Ari passe en l’ignorant.Il la croise tous les jours.Il ne l’a jamais regardée.

L’orage redouble. Ari entend qu’on l’appelle.La clocharde.Comment connaît-elle son nom ?Il s’approche. De sa main décharnée, elle présente son chapeau, sollicitant en vain une obole rédemptrice. Ari la jauge avec dégoût. La vielle lui tend alors dix cartes ruisselantes. Ari les lui arrache des mains en ricanant méchamment. Que lui veut donc cette sorcière ? Il choisit une carte, la retourne, sursaute en la déchiffrant, avant d’éclater d’un rire sardonique dont l’écho suspend le déluge. La vielle femme sourit, avance de nouveau humblement son chapeau, puis ferme les yeux.

D’épais nuages noircissent soudain la ville. Le tonnerre fracasse le ciel.Un éclair strident s’abat sur Ari qui s’écroule, foudroyé. Sa main crispée serre toujours la carte parmi neuf autres : « Tu ne voleras point »…

2ème Prix: « EN-VOL », écrite par Thibault

C’est bête trois allumettes.

C’est Johnson qui avait commencé : et hop !  les vivres, on est débarrassés. C’est Smith qui avait continué : la trousse à pharmacie, on pouvait bien s’en passer. Miller avait hésité. Il avait beau chercher, il ne restait plus grand-chose à balancer ; le ballon, lui, continuait à dégringoler. Restait bien la bouteille de rhum… mais Johnson s’y était formellement opposé. Ne restait plus qu’à la vider. Ils s’y sont mis à trois pour la siffler. Le cadavre avait été jeté par-dessus bord, mais avec ça, la nacelle ne se trouvait pas franchement allégée. Le compas, le sextant, l’altimètre… après la bouteille, tout y était passé ; le ballon, lui, n’en finissait pas de chuter. “Gentlemen, il va falloir, oublier notre dignité…” Smith avait toujours aimé les discours ampoulés. Impérial, il avait délacé, puis laissé filer ses souliers cloutés. Quelques dizaines de pieds plus bas, Smith était en caleçon, Miller en veston et Johnson n’était plus que botté. Chacun son sens des priorités.Désespéré, Miller avait fouillé dans ses poches et il n’avait trouvé que trois malheureuses allumettes à jeter. Johnson l’avait arrêté : “Attendez, j’ai une idée !”.

La suite, vous l’avez devinée. Miller n’a eu que quelques instants pour regretter de ne pas avoir arrêté plus tôt de fumer.

C’est bête trois allumettes.Surtout quand on tire la plus petite et qu’on n’a pas encore appris à voler.

3ème Prix: « VOLER DANS LE NOIR », écrite par Emma

Il faut d’abord que tu saches qu’elle m’a volé mon mec sinon tu ne comprendras pas pourquoi je me comporte si mal. Ce soir, pour me venger, je me transforme en voleur moi aussi pour la première fois. Je m’habille, bien sûr, en noir: pantalon soyeux, chemise en mousseline; un joli voleur comme j’en ai vu sur les photos. Des talons de velours. Je me noircis les yeux avec un crayon à paillettes. J’ai donné à mes cheveux la couleur de l’ébène. Tu ne me reconnaîtrais pas. Je suis super belle déguisée en panthère. Quelques gouttes d’Opium et je suis satisfaite: j’ai la tenue qu’il faut pour mon crime passionnel: le parfait voleur…

Je sors et la nuit m’avale comme si j’en faisais partie: une cendre flottant dans l’air. Je me dirige vers le centre-ville où les flaques ne me reflètent pas et j’entre dans le bar à l’heure exacte. Il est déjà attablé, triste comme si on lui avait posé un lapin. Il la cherche, bien sûr, mais elle – oui, je suis consciencieuse – elle n’est pas là. Et soudain il voit ce qu’il cherche: les cheveux noirs et lisses comme l’eau, les yeux de chat soulignés de noir. Tout de suite il me prend dans ses bras avec une passion qui me laisse amère. Il ne sait rien: je suis sa copie exacte. Il souffle: « Je pensais que tu ne n’arriverais jamais » et je prends un plaisir tout noir à sentir son frisson de peur quand je lui réponds de ma propre voix, cette voix qu’il connait si bien: «Tu avais raison, mon amour»

Un commentaire pour CONCOURS DE MINI-NOUVELLES

  1. Chunky dit :

    Alors bravo pour toutes ces nouvelles. J’ai passé un bon moment. Puisqu’on me demande une opinion, j’avouerai que j’ai préfére la première et la dernière histoire. Le huitième commandement et Voler dans le noir m’ont bien plu à cause de leurs chutes! Merci et bonne continuation. Michelle.

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