Words, words, words…

( c’est à dire: PAROLES,PAROLES, PAROLES… C’est dingue, je ne m’étais jamais rendue compte qu’en traduisant Shakespeare en français, on arrivait à Dalida)

Ils ont reparlé de Dominique Strauss Kahn hier sur France-Inter et j’ai été soulagée de ne pas entendre le journaliste utiliser encore une fois les mots « parties fines » dont ils nous ont rebattu les oreilles un peu plus tôt dans l’année quand ils parlaient des orgies du monsieur: cette expression, je vous jure, si je la re-entends dans la bouche d’un (et encore plus d’une) journaliste, je vais brûler mon soutif à Trafalgar Square!

Parce qu’ « épicerie fine », ok, je comprends: « fin », ça veut dire raffiné, sophistiqué, délicat. Mais « parties fines »??… Qu’est-ce qu’il y a de raffiné dans le fait qu’un vieux mec libidineux laisse des potes à lui payer des prostituées pour lui organiser des orgies où il aime bien, si on en croit les témoignages des salariées en question ( qu’on peut apparemment, dans ce milieu, mentionner aussi sous le nom de « matériel »), les rudoyer un peu? (cf article dans Le Monde). C’est « fin » ça?…

Et puis franchement ça me gêne pour les anglophones qui m’entourent: vous croyez que c’est facile, vous, pour vos homologues étrangers de traduire « parties fines »? Heureusement, les journalistes anglo-saxons ont plutôt tendance à ne pas tourner autour du pot alors ils ont la plupart de temps traduit par « orgies ». Mais quand même, il y en a que ça perplexe ces histoires de « parties fines » et qui ont essayé de saisir la complexité culturelle et linguistique française en traduisant par « soirées privées » ( ce qui est pourtant  particulièrement difficile à prononcer pour un anglophone, essayez pour rigoler si vous en avez un sous la main…) ou encore « libertine soirées » (vous parlez d’une traduction!)…

Mais attendez, les libertins et les libertines, si je ne m’abuse, ils s’envoient en l’air pour le plaisir, pas pour le pognon, non? Ça fait une différence quand même. En plus, vous l’imaginez, Dodo la Saumure, avec de la dentelle au bout des manches et des gros nœuds sur les souliers?… Figurez-vous que M. Strauss Kahn lui-même a proposé « soirées de couples qui souhaitent avoir une activité sexuelle collective »… Ça fait un peu « Précieuses Ridicules » quand même non? (« Oui alors ma chêêre nous allons faire ça sur cette commôdité de la conversation bien en face de ce conseiller des grâces si cela vous sied, n’est-ce pas… »).

Personnellement, je suggèrerais « partouze » parce que je ne pense pas que ce soit vulgaire d’utiliser un mot vulgaire pour designer un acte vulgaire mais bon, faut que je fasse attention : comme c’est la deuxième fois que j’utilise ce mot dans mon blog (voir ), je risque (cruelle ironie du sort!) de m’attirer exactement la même clientèle que celle des soirées de DSK…

En tout cas, ce que je voulais dire, c’est que pour moi, les mots, ça se respecte, faut pas les faire mentir et faut pas en avoir peur. Alors les journalistes, pitié, appelez un chat un chat et une orgie une orgie : ça facilitera la compréhension et ne vous inquiétez pas, je suis sûre que ça ne nous empêchera pas de rester aux yeux du monde, nous les Français, un peuple incroyablement raffiné dans tous les domaines.

HELP! j’ai plus le temps de traduire en anglais et en plus j’ai un gros gros rhume (et une grosse  grosse flemme)… Qui veut bien le faire (gratos) pour moi please?…

PS: il y a des fois où je me demande si je n’aurais pas dû appeler ce blog « A cheval sur les mots » finalement…

Tant que j’y suis, je me suis inscrite au Golden Blog Awards, n’oubliez pas de voter pour moi!

C’est ici!

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9 commentaires pour Words, words, words…

  1. joelle dit :

    Très bien vu ton commentaire sur l’usage du mot partie fine. J’avais rencontré le problème avec une classe qui ne comprenait pas du tout le concept, effectivement on pense plutot à un apéro dinatoire, allez expliquer la différence à ceux qui ne manipulent pas encore assez  » finement  » la langue de Molière…Heureusement dans le contexrte DSK tout le monde finalement a très bien compris !

    • Chunky dit :

      Alors moi qui suis française et manipule de moins en moins la langue de Molière puisque je vis en milieu anglophone la plupart de mon temps, je me suis tout d’abord demandée dans quoi Domi se lançait avec ces parties fines puisque « parties » pour moi en français, vu le contexte, ça évoque les « private parts » de l’homme, « fine », alors là c’est, c’est…incongru…j’ai donc compris…il y a anglicisme total. Bien sûr en anglais « party » pour moi comme pour tout le monde c’est « fête, soirées » et « fine » c’est ici « acceptable », dans les deux langues. « Libertine Soirées » ne marche pas, il s’agit plutôt d’ironiser sur ces « fêtes convenables »…Pigé??

    • londonneries dit :

      Ha ha ha trop drôle “l’apéro dinatoire”!…

  2. J’ai bien rigolé avec ce billet pas piqué des hannetons.
    Et plus le premier paragraphe est grandiose.
    Une partie fine dans la bouche d’un journaliste… J’imagine la traductrice en train de se prendre la tête sur cette ligne.

  3. Chunky dit :

    Je n’arrête pas d’entendre l’expression sur French Radio London…J’ai pensé à toi et j’espère que tu auras assez de soutifs…à brûler. En attendant, j’enrichis mon vocabulaire.

  4. lili Bé dit :

    très bon article! A voté.

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