SEAHORSE TALK AT 4PM ( Pour la version française, c’est plus bas)

The most embarrassing translation mistake I made since I’ve been living in England took place on a sunday in Brighton – which is unfortunate regarding this is the first post of a blog called « londonneries »… My daughter was six, my son was four. My husband had to go to work, I was exhausted but there was no chance, given their age and their stamina, that I could have a quiet day at home, So I offered to go to Brighton for the day. We used to do that once in a while and they loved the whole package: the trip on the train, the jacket potato for lunch in a little caf´, with loads of butter and cheese, the whole game of splashing in the waves with the bottom of the trousers getting all wet and the kids pretending they haven’t done it on purpose – oups! -, striking poses on the pebbles for the photo shoot, the rides on the Pier’s merry-go-round, the doughnuts at teatime and to top it all up, a visit at the Sea Life Centre. I used to spend most of the train journey back looking at them fast asleep, dribbling on their anoraks, limbs and hair entangled.

That day, I was queuing to buy our entrance tickets to the Sea Life Centre when I saw a notice board announcing “SEAHORSES TALK AT 4PM”. It was 3.55pm. I let my children know that we really were very lucky: we were going to hear the seahorses talk. I was so proud of myself: thanks to me, my kids lived unforgettable moments, discovered incredible and useful facts about life. What a good mum I was!

“How do they do that?”, asked my son who’s always shown a keen interest in Science since he’s been able to talk.

“I’m not too sure”, I answered humbly (because a good mum must be able to acknowledge her limitations, it’s important too). But still I suggested a possibility: “ Maybe they do talking sounds like whales, just not as loud, and the people from the Centre have installed loud-speakers in their aquarium”.

Which is why, once on the spot, we walked several times around the seahorse aquarium trying to figure out where the special acoustic device was. In vain: it must have been something quite sophisticated. By then, both my children were flushed with anticipation. Other kids arrived with their parents and waited impatiently.

“Do you think they talk to each other?”, asked my daughter who, for her part, is more attracted to semantics than science. But the lady from the Centre arrived before I could provide another supposition and straight away she started explaining lots of fascinating facts about the life of the seahorses. I realised that my children found it hard to focus on her: if only she could stop babbling and let the seahorses talk!

It’s only when I heard the lady thank us all for our attention and see her leave that it dawned on me… Usually I really like that phrase: “It dawns on me” but in my present situation, a metaphor about dusk would have been more appropriate. I was appalled, crushed, so ashamed of my gross translation mistake*, of my inane zoological knowledge, of my incredible naivety, of the fact that I had created for my children expectations that I would never be able to fulfil. I looked at them. They hadn’t noticed yet that everybody was going. But I couldn’t, I couldn’t…

Et merde, I hate that language!  Couldn’t the English just put their words in the correct order and say “A talk about the seahorses” like everybody else? Oh no no no, that would be too easy! And hey, why not use exactly the same word for the verb and for the noun to make it a little bit more challenging?

“ Why is everybody going?” my son asked.

I didn’t know where to start, wringing my hands and looking at the aquarium imploringly, silently begging the vertical creatures to just utter a tiny sound, a whisper, a sob, a sigh, please, please…

“Maybe they don’t feel like talking today”, suggested my daughter.

I looked at her, my heart filled with gratitude. “That’s right, I said in a small voice. Sometimes one doesn’t feel like talking”. And sometimes, one would better shut one’s mouth…

“So, said my son. What about going to see the sharks?”

I wanted to kiss him too. “Yeah, let’s go and see the sharks!” I said and off we went. It was a very good idea the sharks, I told them on the way, because surely they’d be less boring than those moody seahorses.

 *It’s got to be said in my defence that in times of big fatigue or if you happen to be a little bit distracted (or when you combine both), SEAHORSES TALK AT 4PM can be translated in French as “the seahorses are going to talk at 4h” as well as “there is a talk about the seahorses at 4h”…

L’erreur de traduction la plus grave que j’ai commise depuis que je vis en Angleterre n’a pas eu lieu à Londres en fait ( pour le premier billet d’un blog intitulé “londonneries”, ça commence bien…). Mon fils avait quatre ans, ma fille six. C’était un dimanche où leur père travaillait. J’étais épuisée mais il n’y avait aucune chance, compte tenu de leur âge et leur énergie, de pouvoir passer une journée tranquille et pénarde à la maison. Alors j’ai proposé une excursion à Brighton histoire de prendre un grand bol d’air marin. Ils adoraient ça: le voyage en train, la jacket potatoe dans un petit café à midi, ensevelie sous le beurre et le fromage, puis les pieds trempés dans les vagues en faisant semblant qu’on fait pas exprès que le pantalon  se mouille, les photos qu’on prend en faisant les pitres, les tours de manèges sur la jetée, les doughnuts pour le goûter… On terminait en général les réjouissances par une visite au Sea Life Centre avant de rentrer chez nous repus et gorgés d’iode. Je passais la plupart du voyage de retour à les regarder dormir, écroulés l’un sur l’autre, les cheveux en bataille, la bave coulant sur l’anorak.

Ce jour-là, alors que je faisais la queue pour acheter nos billets d’entrée au Sea Life Centre, je vois une affiche au-dessus du guichet annonçant: TODAY, SEAHORSES TALK AT 4PM. Il est 15h50. Ravie d’être arrivée pile au bon moment, j’achète mes tickets et entraîne avec enthousiasme mes enfants vers les aquariums en leur expliquant qu’on a vraiment de la chance parce que les hippocampes vont parler à 4 heures. Je suis hyper fière de moi: oui, je suis le genre de maman qui fait découvrir des trucs inoubliables à ses enfants, moi! Et pas seulement inoubliables, pédagogiques en plus. “Mais comment ils font?” me demande mon fils de quatre ans qui, depuis qu’il sait parler, a toujours manifesté une grande curiosité scientifique. “Je sais pas” réponds-je humblement (car il faut savoir reconnaitre ses limites quand on est maman, ça aussi c’est important). Mais je propose quand même une explication: “Peut-être qu’ils font des cris comme les baleines mais en moins fort et qu’il y a un système de haut-parleurs branché dans leur aquarium”.

C’est pourquoi, une fois sur place, nous tournons tous les trois plusieurs fois autour du bocal en question dans l’espoir de détecter un quelconque système acoustique. En vain : ça doit être du sophistiqué. Les petits “ne peuvent plus attendre”, comme ils disent. Ils sont tout roses d’anticipation. D’autres enfants accompagnés de leurs parents poireautent à côté de nous. “Tu crois qu’ils se parlent entre eux?” me demande ma fille de six ans qui est, elle, plus portée sur la sémantique que le scientifique. Mais la dame du Sea Life Centre arrive avant que je ne puisse émettre une autre hypothèse et elle se met à expliquer une foule de choses très intéressantes sur les hippocampes. Les yeux de mes enfants pétillent en regardant la dame mais il est clair qu’ils n’attendent qu’une chose: qu’elle la ferme et donne la parole aux hippocampes…

Ce n’est qu’au moment où je vois la dame nous remercier de notre attention et tourner les talons que je comprends. It dawns on me, comme disent les Anglais, ce qu’on pourrait en gros traduire par “Mon bon sens remonte à la surface comme l’aube se levant au petit matin ”. Oui ben dans mon cas, je parlerais plutôt d’un crépuscule… Je suis atterrée, anéantie par ma grossière erreur de traduction, par l’inanité de mes connaissances zoologiques, par ma naïveté sans fond, par l’idée d’avoir suscité chez mes enfants une attente impossible à satisfaire. Je les regarde. Ils n’ont pas encore remarqué que les autres s’en vont peu à peu.

Et merde, ils font chier les Anglais!!! C’est vrai quoi! Pourquoi ils mettent toujours la charrue avant les bœufs? Ils pourraient pas dire “A talk about the seahorses” comme tout le monde? Ah nooooon, bien sûr que non! Ils préfèrent brouiller les pistes en utilisant exactement le même mot pour le verbe et le nom: a talk, they talk, same difference! Pourquoi ils se gêneraient? *

“Pourquoi tout le monde s’en va?” demande mon fils.

Oh là là, c’est trop dur, j’y arrive pas, je sais pas par où commencer. Je me dandine sur place comme si j’avais envie de faire pipi. Je regarde l’aquarium en implorant silencieusement les verticales bestioles de se mettre à proférer n’importe quoi, ne serait-ce qu’un murmure, un hoquet, un soupir, please, please…

“Peut-être qu’ils avaient pas envie de parler aujourd’hui!” propose ma fille.

Je lui lance un regard éperdu de gratitude et je réponds d’une petite voix : “Oui, c’est vrai ça, il y a des jours où on n’a pas envie”… Ouais, et il y a aussi des jours où on ferait mieux de se traduire chaque phrase sept fois dans la bouche avant de l’ouvrir! me souffle mon for intérieur.

“Bon! Alors, on va voir les requins?” demande mon fils.

Oh, lui aussi, j’ai envie de l’embrasser! Alors je les prends tous les deux par la main et les entraine vers le bassin des requins en leur disant que oui, on va voir les requins. Et qu’ils seront sans doute nettement moins boring que ces caractériels d’hippocampes.

* A ma décharge, je tiens à préciser qu’en période de grande fatigue ou pour peu que l’on ait une légère tendance à la distraction (ou quand on accumule les deux), SEAHORSES TALK AT 4PM  peut se traduire de deux façons, à savoir: “Petite causerie sur les hippocampes à 4h” ou “Les hippocampes parlent à 4h” (j’insiste)…

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13 commentaires pour SEAHORSE TALK AT 4PM ( Pour la version française, c’est plus bas)

  1. minou dit :

    so sweet… I want to read more!!!
    in your defence, seahorses are from Atlantis and DO talk, only by telepathy.
    Bisous

  2. Diane Frost dit :

    Bravo! Et quel courage de tt traduire…
    Chapeau en tt cas et on se voit a l apero du 15 pour en parler???
    D

  3. the little fan dit :

    this is fandabidooziiiii; I love it, and i’m looking forward to read more stories.
    love ya!
    xxxxxxxxxxx

  4. Pourtau Michelle dit :

    a very amazing story but I must improve my english because I don(t understand a lot of words thanks for the translation . Bises

  5. Fabienne Renaud dit :

    Hello Domi,
    seahorse talk, catwalk,… what we talk about when we talk about ce qui nous ferait plaisir. Je me réjouis d’avoir des nouvelles fraiches via ce blog. Si tu passes à Paris fais moi signe. J’anime un atelier fin juillet au pays basque, y seras-tu à ce moment là? Il y aura une expo le samedi. See you soon.Fab

  6. geneva dit :

    Pauvres enfants traumatisés si jeunes … (je parle bien sûr de devoir porter un anorak à la plage)

  7. Valerie Ciavarini Azzi dit :

    Bravo! Can’t wait to read more of it!

  8. Malika dit :

    Well done Domi, great story. I enjoyed reading it. More of this please.

  9. londonneries dit :

    Un gros merci à tous pour vos commentaires. Vraiment ça fait chaud au coeur. Il ne me reste plus qu’à en écrire d’autres alors! Pourvu que ma popularité ne me monte pas la tête… xxxxxxx

  10. Jill dit :

    j’ai pleuré de rire…

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